Nouveau décret dans l’entretien d’édifices publics à Montréal
- Karl Bedard

- il y a 40 minutes
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Hausse des salaires et nouvelles mesures jusqu’en 2030
Le gouvernement du Québec a officiellement adopté un règlement modifiant le Décret sur le personnel d’entretien d’édifices publics de la région de Montréal. Ce décret est entré en vigueur le 4 mars 2026, au moment de sa publication dans la Gazette officielle du Québec.
Cette modification vise à harmoniser le décret avec la convention collective négociée entre l’Union des employé(e)s de service, local 800 – FTQ et l’Association des entrepreneurs de services d’édifices Québec Inc.
Le nouveau règlement introduit plusieurs changements importants pour l’industrie de l’entretien ménager commercial, notamment une série d’augmentations salariales jusqu’en 2030, l’ajout d’une prime de nuit progressive et des ajustements aux conditions de travail et au régime de retraite collectif.
Les nouvelles augmentations salariales
Le décret prévoit une progression des salaires minimums sur plusieurs années, ce qui permet aux entreprises et aux gestionnaires d’immeubles de planifier l’évolution des coûts de main-d’œuvre.
Les nouveaux taux horaires minimums sont les suivants.
Date d’entrée en vigueur | Classe A | Classe B | Classe C |
4 mars 2026 | 23,25 $ | 23,25 $ | 23,90 $ |
1 novembre 2026 | 23,83 $ | 23,83 $ | 24,49 $ |
1 novembre 2027 | 24,43 $ | 24,43 $ | 25,10 $ |
1 novembre 2028 | 25,10 $ | 25,10 $ | 25,80 $ |
1 novembre 2029 | 25,79 $ | 25,79 $ | 26,50 $ |
1 novembre 2030 | 26,63 $ | 26,63 $ | 27,37 $ |
Ces taux représentent les salaires minimums obligatoires applicables aux travailleurs visés par le décret dans la région de Montréal.
Il est également important de noter que l’augmentation entrée en vigueur le 4 mars 2026 n’est pas rétroactive.
Une nouvelle prime de nuit progressive
Le décret introduit également une prime de nuit pour les travailleurs dont la majorité des heures de travail se situe entre minuit et 8 h.
Cette prime augmentera graduellement.
Date | Prime minimale |
4 mars 2026 | 0,25 $ / heure |
1 novembre 2026 | 0,50 $ / heure |
1 novembre 2027 | 0,75 $ / heure |
1 novembre 2028 | 1,00 $ / heure |
Cette mesure vise à reconnaître les conditions particulières du travail de nuit dans le secteur de l’entretien des bâtiments.
Ajustement au régime de retraite collectif
Le règlement modifie également certaines dispositions liées au régime de retraite collectif.
La contribution de l’employeur au régime de retraite collectif est désormais fixée à 0,20 $ par heure payée pour les salariés admissibles ayant acquis le statut de permanent.
Cette contribution s’applique également aux heures travaillées pendant la période menant à l’acquisition du statut permanent.
Autres modifications importantes
Le décret apporte aussi plusieurs ajustements aux conditions de travail dans l’industrie, notamment :
l’augmentation de certaines périodes minimales rémunérées, qui passent de 3 heures à 4 heures dans certains cas
des modifications concernant les règles liées aux congés, aux absences et aux documents médicaux
des ajustements aux règles administratives que les employeurs doivent transmettre au comité paritaire
des modifications aux règles liées à l’ancienneté et à certaines dispositions relatives aux congés annuels et aux congés de maladie
Ces changements visent à moderniser le cadre réglementaire et à mieux refléter les pratiques négociées dans la convention collective du secteur.
Les impacts pour l’industrie de l’entretien
Une augmentation progressive des coûts de main-d’œuvre
La hausse graduelle des salaires jusqu’en 2030 aura un impact direct sur les coûts d’opération des entreprises d’entretien.
Les organisations devront notamment :
ajuster leurs budgets d’exploitation
planifier l’augmentation des coûts dans leurs propositions de services
Une pression accrue sur la productivité
Avec l’augmentation du coût de la main-d’œuvre, plusieurs entreprises chercheront à améliorer leur efficacité opérationnelle.
Cela pourrait passer par :
l’optimisation des méthodes de travail
une meilleure planification des opérations d’entretien
l’utilisation d’outils technologiques pour mesurer la performance et la qualité du travail
Une amélioration potentielle de l’attraction de la main-d’œuvre
Ces augmentations salariales pourraient également contribuer à rendre le secteur plus attractif.
Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, des conditions salariales plus compétitives peuvent aider à :
attirer de nouveaux travailleurs
réduire le roulement de personnel
stabiliser les équipes d’entretien
En résumé
Le décret modifié sur le personnel d’entretien d’édifices publics de la région de Montréal introduit plusieurs changements structurants pour l’industrie.
Les principales mesures incluent :
une augmentation progressive des salaires jusqu’en 2030
l’introduction d’une prime de nuit évolutive
une mise à jour des règles concernant le régime de retraite collectif
diverses modifications aux conditions de travail et aux règles administratives
Pour les entreprises et les gestionnaires d’immeubles, ces changements nécessiteront une planification financière et opérationnelle adaptée afin de maintenir la performance et la rentabilité des services d’entretien.




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